Socialiste or not socialiste ?

Publié le par plumecitoyenne

Dure soirée. A l'évidence, chercher un bout de meeting anticapitaliste dans le format actuel que propose les médias, c'est comme chercher une once d'humanisme dans le cœur d'un Claude Guéant!

Dès lors, ne reste que cet endroit où fleure bon la rébellion de salon, la vindicte du clavier, et la force du verbe mal écrit. Un endroit où les libéraux n'ont pas encore restreints entièrement nos libertés.
 
Alors, je vois, j'écoute, je me délecte, je savoure, j'apprends, je comprends, quelque part où le monde médiatique n'a pas pieds, ni prise, ni la volonté qu'il en soit autrement...c'était à Clermont-Ferrand, où la masse de cœurs bondissants, de cœurs de gauche, généreux, intelligents, beaux au dedans et au dehors, s'est éprise d'idées neuves, de réflexions profondes sur notre société, de messages de combat, et d'un futur possible si l'intelligence et le bon sens de l'humanité venaient à éclater au grand jour.    

 

Après ce festin, je m'égare. Encore pensif...

 

Inconséquent que je suis, lors de ce moment de faiblesse, je vais voir un bout du meeting de M. Hollande. Ma première impression visuelle est que je vois que les gens hurlent comme de "veaux", applaudissent mécaniquement, agitent des fanions avec un nom écrit dessus sans apparemment  savoir pourquoi, alors que M. Hollande ne dit rien de particulier, n'exprime aucune idée concrète, vocifère à s'en casser la voix, bafouille en cherchant ses mots.

Ses phrases sont toujours intercalées par groupes de 5 ou 6 mots, eux-mêmes entrecoupés de 1 à 2 secondes où le candidat socialiste cherche quelque chose: un souffle? Une idée? Une sincérité?
Ou alors, est-il si subjugué par son propre succès qu'il est ébahi devant tant de servitude envers sa personne? Est-ce pour cela qu'il hache ses phrases, par pur plaisir narcissique?
Je ne l'espère pas...

 

De fait, on sent qu'il se force à être violent, qu'il veut se donner l'image d'un orateur convaincu. Ce n'est d'ailleurs pas dans sa nature d'agir ainsi. A partir de ce constat, je n'ai pas senti de sincérité, ni de volonté de donner quoi que ce soit aux gens ...


Les gens. Les premiers rangs du public hurlent et se trémoussent frénétiquement, nagent dans une inconscience collective proche du vide sidéral. Mais voyons, ont-ils entendu ce que disait leur candidat, ou bien ne sont-ils là que pour faire du bruit avec leur bouche? Est-ce rationnel d'agir de la sorte pour la gloire d'un seul homme? Est-ce un meeting politique ou un concert de Patrick Bruel comme à la grande époque? Sommes-nous devant une star ou voulons-nous vraiment construire une

autre société? 

 

En cela, on se rapproche dangereusement des messes de l'UMP... le but n'étant pas d'apporter un message aux spectateurs mais fournir des images aux « téléspectateurs ». Ce n'est, au final, que de la communication bien calculée, où l'on ne saurait y trouver la profondeur que requière un programme politique.


Le problème est peut-être là, on ne voit pas le programme, on ne le comprend plus...peut-être parce que plus on en parle moins on crédibilise le candidat et les apparences créées dans ce but. Car il ne serait pas productif, ô chers électeurs, de se détourner de l'image « pipolisée », sur-jouée dans les médias. On agrémente le « débat politique » (s'il en existe un) de petits arrangements à la marge, portant soit-disant l'intérêt des français. Pourquoi pas...mais l'on se doit de chercher aussi une once de consistance effective dans toutes ces élucubrations mal ficelées.

 

En fait, je comprends désormais pourquoi M. Hollande n'a pas voulu débattre avec M. Mélenchon. Nous avons vu, lors du fameux débat avec la fameuse « semi-démente » et son fameux « brevet de respectabilité préfabriqué », que l'argumentaire de M. Mélenchon, n'était pas construit dans l'invective puérile où les médias ont décidé de le cantonner jusqu'à il y a peu, mais bien sur le fond projet du candidat qu'il affrontait. Aïe! Le loup apparaît...et comme me dit souvent un ami: « Y'a comme une couille dans le pâté! ».

 

Hors, ne serait-ce pas pour cela que M. Hollande, dans la direction qu'a prise sa campagne, fondée essentiellement sur l'anti-sarkosisme (on l'est tous un peu, voire beaucoup...) en sus du sidérant et énigmatique « vote utile », et non sur la déclamation d'un projet, ne veut en aucun cas se confronter sur  le plan des idées face à quelqu'un de vraiment à Gauche? A-t-il peur de montrer qu'il a une vision autrement plus libérale que le voudrait la signification du sigle de son Parti?


Alors...Socialiste or not Socialiste? Dangerous or not Dangerous? 

 

 

JORDAN

 

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Un grand merci à Jordan et sa plume citoyenne. Alors réfléchissez bien de savoir si François Hollande et son parti sont vraiment socialistes ...

Publié dans Politique France

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les cafards 17/03/2012 22:04

une plume parfaite ! Amitiés cafardesques

plumecitoyenne 18/03/2012 00:15



Cet article est de Jordan B. Il a beaucoup de talent et fait mouche à chaque fois. J'espère qu'il se lancera et créera prochainement son blog. C'est avec grand plaisir que nous partageons ses
écrits citoyens.


Résistance mes amis !!!